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" 2 petites tranches de vie "
Pour assouvir la curiosité de Martine RYCKEBUSCH et pour mon plus grand
plaisir, je vais rapporter ici deux petites histoires vécues par ma fille
Anne et qui auraient pu commencer par " il était une fois..." tant,
quand elle était petite, elle me faisait penser à une fée.
D'ailleurs je l'appelais " ma petite fée " quand elle remontait
de la rue, ses deux petites mains serrées fortement l'une contre l'autre
et qu'elle me disait avec un merveilleux sourire mystérieux : " j'a
crouvé un crésor !"
Tout ce qu'elle avait pu trouver par terre : petits bouts de verre, papier argenté,
morceaux de faïence, bouts de bois, c'était pour elle, un vrai trésor
car elle allait dans sa chambre, et un moment après elle en ressortait
avec l'objet qu'elle venait de fabriquer et qui était toujours très
ingénieusement réalisé.
Voici donc 2 épisodes de sa vie...
-:-
Elle avait environs 5 ans et nous étions à table tous les
quatre
(ma
fille, mon fils, mon mari et moi), prenant notre repas de midi.
A la suite d'une forte contrariété, j'ai été tellement
en colère que je me suis levée de table (c'est l'unique fois que
cela m'est arrivé) en disant " finissez le repas sans moi ! " et
je suis allée m'allonger sur mon lit.
Les yeux fermés, j'essayais de me relaxer, mais j'étais très
en colère et j'avais des difficultés à respirer.
Au bout d'un court moment, sans que j'aie entendu aucun bruit, j'ai senti une
petite main qui prenait la mienne. J'ai alors ouvert les yeux : il y avait près
de moi, ma fille qui venait me chercher et qui sans rien me dire, me tirait pour
essayer de me faire descendre du lit.
Il m'était impossible de résister (malgré ma très
forte colère) à tant de courage et d'amour. Je ne pouvais décevoir
une enfant qui y croyait si fort.
Je me suis aussitôt levée.
Ma colère est tombée instantanément !
Nous sommes revenues à table, la main dans la main, sans aucune parole,
dans un silence angélique.
Quel dommage que, devenus adultes, les enfants oublient leur capacité et
leur pouvoir et ne se fassent plus confiance, car ils seraient TOUT PUISSANTS.
-:-
En entrant dans la salle de séjour, à la campagne, je vis par terre
un dessin qui représentait une petite japonaise tenant dans ses bras une
poupée.
Attirée par la beauté de ce dessin je l'ai ramassé et je
l'examinai avec attention quand, près de moi, un rire enfantin me fit
tourner la tête.
Ma fille qui avait alors 6 ans, me regardait en riant de toutes ses dents de
lait,
les mains derrière le dos, comme si elle voulait cacher quelque chose à mes
yeux.
- C'est toit qui a fait ça?
Sans rien dire elle fit "oui " de la tête
- Mais tu sais que c'est très joli ; j'aime bp ce que tu as fait.
D'ailleurs ma question était idiote puisque nous n'étions
que toutes les 2 à la campagne, dans une maison à une demi heure
de
marche
du village. Néanmoins je cherchais à comprendre car son sourire
me disait bient qu'il y avait quelque chose à comprendre et qui, pour
le moment, m'échappait.
Alors, d'un geste vif elle ramena sa main droite de derrière son dos et
elle exhiba un petit porte-monnaie qui lui
appartenait et qui représentait cette petite japonaise tenant dans ses
bras
une poupée.
Je mis quelques instants avant de comprendre ce que ses yeux malicieux me racontaient,
en même temps qu'elle riait aux éclats.
Ses yeux me disaient : " tu crois que je l'ai fait toute seule, mais non,
j'avais ce porte-monnaie pour m'aider".
En effet, elle avait dessiné le contour à l'aide du porte-monnaie,
mais il n'en reste pas moins qu'elle avait tracé tout l'intérieur
du dessin avec beaucoup de précision et sans gomme. Mais pour elle ça
n'avait rien d'extraordinaire, c'était tout naturel.
A travers les vicisssitudes de la vie, j'ai tjrs conservé précieusement
ce dessin et depuis quelques années je l'ai mis ds un cadre, au pied de
mon lit, sur une étagère.
Très souvent je le regarde, et même la nuit, quand je ne dors pas,
son fond clair met comme de la lumière ds la pièce et c'est pour
moi comme une présence souriante avec des dents de lait.
Quoiqu'il m'arrive ds ma vie, tant qu'il me restera un brin de lucidité,
ce dessin ne me quittera jamais. 
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